Marthe-Cécile Micca : mon 2e livre est consacré à ma ville natale, Mbalmayo !

  • Marthe Cécile Micca est une jeune personnalité très discrète mais qui fait d’énormes réalisations dans l’ombre qui font aussi beaucoup de bruits et de bien. Comment voulez vous qu’on vous présente ? Comme écrivaine, activiste sociale, femme d’affaires ou politique ?

Je n’ai pas une vision unipolaire de la femme que je suis. Je suis écrivaine c’est là où réside mon essentiel. Mais au fond de mon être il existe une corrélation harmonieuse des multiples casquettes que je porte. Le plus important reste malgré tout l’écriture : l’écriture nous permet d’entrer dans tous les espaces vivants où se déroule la vie active. L’écriture est la bienvenue partout, c’est peut être en ce sens qu’on peut me considérer comme activiste sociale, femme d’affaires ou femme politique.

 

  • En lisant les lignes de votre biographie, on apprend que vous-êtes née dans la petite et belle ville de Mbalmayo. Quel est le rapport que vous avez avec cette ville ?

Mbalmayo est porteuse de mon histoire, j’ai un lien ombilical avec Mbalmayo, parce que c’est là où je suis née. Enfant, j’y ai vécu ! C’est là où j’ai aussi grandi entouré de mes frères et sœurs. C’est à Mbalmayo que j’ai passée les moments les plus précieux de ma vie avec mes parents, mes camarades et mes amis. Tout ce qu’on trouve à Mbalmayo est un appel à la méditation, son paysage a façonné ma vie. Je porte à Mbalmayo mon amour, mon affection et mon admiration.

 

  • Avec vous des projets pour cette ville ? Que ce soit dans le domaine social ou politique ?

Effectivement j’ai des projets pour Mbalmayo, des projets sociaux. J’ai crée une fondation, pour aider les enfants abandonnés par le coup du destin, c’est très important pour moi de donner de l’espoir aux enfants qui n’ont pas de parents, de les recueillir et de leur offrir une communauté vivante. Aussi les autres enfants du même sort deviendront pour eux des frères. En plus de cet aspect, j’avoue qu’en moi j’ai toujours porté cette vocation naturelle de vouloir servir ma ville natale.

 

  • Pour revenir à la littérature, c’est en 2015 que vous publiez votre premier livre. Comment êtes-vous arrivez là ?

Le livre a été bien reçu par le public. En dehors du fait que l’écriture soit pour moi une vocation, ce livre est inspiré de récits réels. Toutes les thématiques sont actuelles et les anecdotes sont tirées du vécu. Vous savez, ce sont les événements qui poussent les gens à se lancer dans certaines actions dans leur vie. C’est comme un déchaînement qu’on fait sur soi même, c’est comme une révolte pour retrouver la justice perdue et une fois qu’on a écrit ce qu’on souhaite on a le sentiment d’être déchargé d’une grosse pression. C’est aussi ça le rôle de l’écrivain(e) : remettre l’ordre dans son esprit et dans l’esprit collectif. Ce roman est analyse de situation, un essai qui contribue à remettre de l’ordre dans l’imaginaire collective.

 

  • Quel a été l’accueil du public face à ce que vous avez si bien appelé votre « premier bébé » ?

Le public qui lisait déjà mes articles depuis un long moment avait bien reçu mon premier livre. Je constate que les gens apprécient les nouveaux et jeunes écrivains, puis avec l’arrivée des nouvelles technologies, de plus en plus de personnes se penchent sur la littérature. Les gens même s’ils n’aiment pas lire se font le plaisir d’acheter, c’est pour eux une archive, une collection. Dès lors qu’on écrit, on devient une référence pour la société, les journalistes, politiciens, activistes…vous consultent pour apporter certains éléments de réponses aux problèmes de la société et commenter intelligemment l’actualité. Des personnes d’horizons diverses vous appellent pour savoir quel est votre position ou votre avis sur tel ou tel autre sujet. Donc finalement je pense que le public est toujours dans l’attente.

 

  • Trois années après, quelles être votre actualité littéraire ?

Je suis dans l’actualité littéraire au quotidien, il suffit de consulter mon profil Facebook ou mes divers sites pour le comprendre. Quand je regarde tout ce que j’écris tous les jours depuis trois ans je pense que je ferai déjà trois livres. Les réseaux sociaux nous permettent à ce jour de toucher très vite le public, parce qu’on a un public consommateur et demandeur qui n’attend que lire. Alors on exploite aussi ce canal pour soumettre nos écrits au public. Par ce biais j’accumule les idées et j’améliore mon style littéraire au fil des jours car effectivement comme on dit  » c’est en forgeant qu’on devient forgeron « . Par ailleurs je profite de l’opportunité qui m’est offerte pour annoncer au public que je prépare d’ici quelques jours la sortie officielle de mon 2e roman  » Mbalmayo Terre de Grâces ».

 

  • Quel est votre regard de la jeune fille camerounaise. Comparée à celle du continent ou du pays dans lequel vous vivez depuis des années ?

Je voudrais dire ici que chaque pays a ses réalités, et chaque société a son modèle de la jeune fille. Généralement j’évite les comparatismes, parce que je n’aime pas les aspects axiologiques de la vie. Je respecte la personne humaine peu importe où elle se trouve géographiquement. Je sais qu’une jeune fille reste une jeune fille partout où elle se trouve, elle a besoin d’attention et de soins. C’est dans cette logique que je m’inscris en tant que femme dynamique parce que les jeunes filles ont besoin qu’on milite en leur faveur, elles ont besoin de modèles et elles ont surtout besoin d’être scolarisées et éduquées.

Autant je pense qu’il y a des jeunes filles au Cameroun qui n’envient pas celle de l’Europe autant je crois savoir qu’il y a des jeunes filles en Europe qui ont beaucoup de difficultés et qui n’ont toujours pas d’issue.

Tout cela respecte le cours du destin de chacun, mais chaque jeune fille sait à quel niveau elle se trouve. Notre responsabilité en tant qu’acteur(e)s sociales est de veiller pour un meilleur encadrement de la jeune fille où qu’elle soit.

 

  • Une question un peu décalée : avez-vous des ambitions politiques ?

Avoir des ambitions politiques relève de la pensée, il faut penser la politique parce que c’est une œuvre scientifique, donc une fois de plus, tout tourne autour de l’écriture. Si c’est ça faire la politique je dirai oui en proposant un modèle de vertu politique. Des ambitions politiques difficiles à dire, la vision que j’ai de la politique c’est que la politique doit être humaniste.

La politique est une école de la vie, un investissement pour le bien être des autres, l’amour des autres, la poursuite de l’intérêt général. Il me sera donc difficile de dire que j’ai des ambitions politiques. Une carrière politique se construit, une image politique se bâtit au fil des ans et des responsabilités politiques arrivent seules.

Étant donné que je condamne la vision de la politique qui fait d’elle une ambition d’assouvissement des intérêts égoïstes, et que je critique cette pratique qui dévoie la politique et fais des politiciens des personnages véreux alors je dis non je n’ai aucune ambitions politiques, j’ai simplement pour ambition de servir mon pays aujourd’hui et demain.

 

  • Nous apprenons aussi que vous pilotez une grosse fondation. Qu’est ce qui explique une telle implication dans le social ?

Mon goût à l’utilité est la réponse de mon implication dans le social. Je suis restée très jeune orpheline et je sais ce que c’est de vivre dans la peau d’un orphelin. J’ai toujours eu une grande sensibilité aux souffrances des autres, je suis quelqu’un d’empathique et je crois chaque geste posé en faveur de ces personnes défavorisées est une lutte pour un monde meilleur. Je crois en un monde ou la famine reculera, je crois en l’accessibilité à tous aux écoles…

Cet engagement dans l’humanitaire fait aussi écho à ma vision future du monde. Je pense que la misère, les maladies, la sous alimentation, la malnutrition ont besoin de reculer en Afrique et ce n’est que par notre canal que tout cela est possible. Nous pouvons changer le monde et ce changement commence par vous et moi.

 

  • Votre livre préféré ?

Mon livre préféré c’est la Bible.

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