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	<title>Archives des Fally Ipoupa - Agenda Culturel du Cameroun</title>
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		<title>Hommage à Ntoumba Minka</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Feb 2020 10:54:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’artiste Ntoumba Minka nous a quittés après avoir mené la lutte contre un cancer. J’ai eu la chance de le côtoyer sommairement ; je garde de lui l’image d’un homme [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’artiste Ntoumba Minka nous a quittés après avoir mené la lutte 
contre un cancer.  J’ai eu la chance de le côtoyer sommairement ; je 
garde de lui l’image d’un homme très humble, blagueur et celle d’un 
travailleur acharné.</p>



<p> Ntoumba Minka est né un 17 juin à Mvogada à 
Yaoundé. Il est le fils d’un fonctionnaire au ministère des transports 
et d’une mère ménagère. Il sera très tôt orphelin de père.</p>



<p> 
Ntoumba fait ses premiers pas en tant que bassiste dans les orchestres 
scolaires. A ses débuts, il se met à la guitare basse pour épater les 
nanas. Très doué, il apprend vite, côtoie assidûment les ainés qu’il 
finira par surclasser. En réalité, il est déjà frappé par le virus de la
 musique alors qu’il est élève au collège de Nkol Wé. Il devient alors 
mercenaire pour plusieurs établissements scolaires de la cité capitale.</p>



<p>
 Sa réputation s’en va grandissant à tel point que l’orchestre national 
fait appel à lui dans les années 80 pour accompagner l’artiste 
Pierre-Claver Zeng. Ntoumba est talentueux et il se voit déjà intégrer 
l’orchestre de la CRTV ; cependant pour des raisons inexplicables, il 
est mis à l’écart.</p>



<p> Alors qu’il jouait de la musique dans les 
cabarets de Yaoundé, il a plusieurs fois été interpellés par la police 
et tabassés aux côtés des amis tels que Mbarga Tino, Ernest Mvouama, 
Chaud lapin. On leur demandait alors de chanter à haute voix « je ne 
fais plus la musique ; c’est pour les drogués ».</p>



<p> Il en sera 
durement marqué. Ntoumba a à peine 18 ans, il est orphelin de père. Sa 
mère est vendeuse de beignets ; il n’a que la musique pour aider sa 
famille car ayant abandonné précipitamment ses études. Il est dorénavant
 conscient qu’il n’aura pas d’avenir au Cameroun.</p>



<p> Premier choc de
 sa vie !  Puisque son talent n’est pas reconnu et valorisé dans son 
propre pays ; il serait peut-être temps d’aller chercher fortune 
ailleurs. Il décide de quitter le Cameroun le 13 mai 1987. Le jeune 
Minka est ambitieux, il voit très grand. Il prend le train pour le Nord 
au Cameroun. Après une folle épopée, il se rend au Nigeria.</p>



<p> Au 
Nigeria, il est engagé à Onitsha par Prince Nico Mbarga himself. Il va 
alors évoluer auprès de plusieurs musiciens de talents et de renoms. 
Après quelques semaines de collaboration, Ntoumba Minka reçoit sa paie 
et décide de continuer l’aventure. Escale au Benin, où il joue aux côtés
 de la grande vedette béninoise de l’époque Stanislas Tohon. Pour la 
petite histoire, le titre à succès « African typic collection » de Sam 
Fan Thomas est une fusion des titre « Yallow » et Stanislas Tohon et « 
Mboma l’heure » du grand maitre Franco Louambo Makadi.</p>



<p> En réalité
 Ntoumba a désormais pour ambition de se rendre en France. Après le 
Benin, il se rend au Burkina Faso sous la recommandation de Stanislas 
Tohon. Au Burkina, il rencontre l’artiste Roméo Dika ; ensemble ils 
joueront dans plusieurs clubs et cabarets. Au pays des hommes intègres, 
Ntoumba Minka sera profondément marqué par la révolution Burkinabè et 
surtout par la personnalité de Thomas Sankara. Il dira des années après 
qu’il n’oubliera jamais Thomas Sankara ; « le grand frère qu’il aurait 
aimé avoir ».</p>



<p>  Après l’assassinat de Thomas Sankara, Ntoumba très
 choqué décide de quitter le Burkina Faso pour la Côte d’Ivoire. Ce pays
 va l’accueillir et va beaucoup compter dans sa structuration. Il est 
accueilli par une famille d’ivoirienne qu’il ne connait même pas ; cette
 famille va le couvrir d’amour. En Côte d’ivoire, il est sollicité par 
les plus grands et on lui donne la chance de faire ses preuves dans le 
show bizz.</p>



<p> Il est le seul bassiste qualifié du pays. Il croule littéralement sous le poids des sollicitations.
 Ntoumba Minka est membre fondateur du Zogang international aux côtés de
 Meiway, vieux Briscard, Dongui. En effet, un jour lors d’une tournée au
 Canada avec Meiway, Ntoumba et les membres de l’orchestre se retrouvent
 dans sa chambre ; Minka avait eu le disque de Nkodo Sitony avec lui ; 
il interprétait alors le titre « Mba Mvoé » de Nkodo sitony. Séduit par 
sa voix, Meiway le père du Zoblazo lui propose la créer ensemble un 
groupe. Le nom est tout trouvé ; le « Zoblaso des gangsters » ; le 
Zogang est né. Ils seront produits par Jean Pierre Saar. C’est le début 
d’une belle épopée.</p>



<p> Ntoumba Minka a inspiré toute la jeunesse ivoirienne des années 90 avec le fameux Zogang international.</p>



<p>
 La Côte d’ivoire restera à jamais son pays d’adoption. Toumba a soif 
d’aventure, il a déjà fait le tour en Côte d’ivoire. Il décide d’aller à
 présent conquérir l’Europe.</p>



<p> Minka arrive en France en 1990 et 
est accueilli par son vieux copain d’enfance Ernest Mvouama. C’est Guy 
Lobé qui lui offre sa première guitare.</p>



<p> Il devient un requin des 
studios et est sollicité un peu de partout. On ne le dit pas assez mais 
Toumba Minka a participé en tant que bassiste au succès de plusieurs 
artistes de renom : Papa Wemba, Aurlus Mabélé, Meiway, Monique Seka, 
Aicha Koné, Alpha Blondy, Awilo Logomba, Lapiro de Mbanga, Guy Lobé, 
Roméo Dika, Charlotte Mbango, Papillon, Fally Ipoupa, Werrason, Ferré 
Gola etc.</p>



<p> C’est Ntoumba Minka qui a réalisé l’album de la 
dernière campagne présidentielle du Président de la Guinée équatoriale 
(Obiang Nguema).</p>



<p> Ntoumba Minka se révèle au grand public à 
travers son tout premier album solo, « l’homme est mauvais » paru en 
2005. Succès total. Les titres tels que : l’homme est mauvais, sexy 
maquereau, chérie coco feront fureur et enflammeront les dancefloor.</p>



<p>
 En 2009, parait son deuxième album avec comme titre phare « Taspé ». En
 2011, il revient sur la scène avec l’album « Au secours on a faim ». 
Son dernier album avait pour titre « L’argent rend fou ».</p>



<p> La 
musique de Ntoumba Minka est particulière. Il a réussi à faire un riche 
métissage entre les rythmes originaires du Cameroun et ceux de l’Afrique
 de l’Ouest. Pour lui, la richesse de la musique est dans la fusion des 
rythmes. Il véhicule toujours des messages dans ses chansons en rapport 
avec le vécu quotidien.</p>



<p> Quelques titres connus arrangés par 
Ntoumba Minka :  Okaman (Monique Seka), Missounwa (Monique Seka), la 
galère (pacome), Coupé Bibamba (Awilo Longomba), Carolina (Awilo 
Longomba), femme sans ambition (Papillon), ennemy solo (P-square feat 
Awilo Longomba) et bien d’autres.</p>



<p> Pour la petite histoire, 
plusieurs succès arrangés par Ntoumba Minka sont en réalité au niveau 
des ligne de basse, celles de titres de Makossa célèbres qu’il a 
renversées. Pour le titre « Carolina » de Meiway, il a renversé la ligne
 de basse de « Jom te bo e bo fo », un titre de Nelle Eyoum l’un des 
pères fondateurs du Makossa.  La spécialité de Ntoumba Minka était de 
renverser les lignes de basse connues pour leur donner un deuxième 
succès.  </p>



<p> L’artiste nous a quitté après avoir combattu un sale cancer. Il venait de mettre sur le marché son dernier album.</p>



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<p> Source : Arol KETCH</p>
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