Ces icônes de la musique Camerounaise abandonnées et oubliées

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✓ Chantal Alima Stone

Elle est sans aucun doute l’une des plus talentueuses guitaristes qu’a connu le Cameroun. En effet, elle est avec Anne-Marie Nzié, Marie de Archangelo, Bibi Stéphane, Koko Ateba, Kémogni Jeannette l’une des premières guitaristes du Cameroun.

Chantal Alima Stone a été profondément marquée par une enfance difficile. Elle passera une partie de son enfance à Douala où elle est recueillie par une famille d’accueil originaire de la Région du Centre (ethnie beti). Alima Stone n’a pas grandi aux côtés de ses parents.

Ecorchée vive, cœur brisé, une indicible tristesse transparaît dans ses chansons. Véritable globetrotter, elle engage une carrière solo qui l’amènera à parcourir plusieurs pays d’Afrique.

Chantal Alima s’est exilée en France où elle a eu un enfant qu’elle abandonna à la DAS. Elle a tenté de reprendre le dessus sur sa vie éraflée mais malheureusement, elle reproduira avec son enfant le même scénario de l’abandon qui déchira sa vie. Son garçon vivra la même expérience du déchirement et de l’abandon. Puisqu’il a été pendant de nombreuses années à la recherche de sa maman. Aux dernières nouvelles Chantal Alima Stone serait en vie et réside en France où elle vit dans l’indigence et le dénuement.

✓ Mekongo Président

Auteur-compositeur, chanteur, poly-instrumentaliste, arrangeur, chef d’orchestre au talent incommensurable, Mekongo Président fait partie des artistes les plus brillants de sa génération. Il a largement contribué à la modernisation du Bikutsi en y introduisant diverses influences externes.

En 1983, Mekongo Président décide de quitter la France pour s’installer au Cameroun avec sa femme de nationalité française et leur enfant. Il a en tête plusieurs projets afin de valoriser la culture et la musique dans son pays. Par ailleurs, il est sollicité pour travailler à L’Ensemble National. Il crée une structure artistico-culturelle, mais est victime d’un grand coup de vol. A l’Ensemble National qui l’emploie, on fait tout pour l’empêcher de travailler.

Désargenté, il ne comprend pas ce qui lui arrive. Le double choc du coup de vol et du chômage, le plonge pour la première fois dans la dépression. Son épouse qui était la seule à s’occuper de lui finit par craquer à son tour et retourne en France avec leur enfant. Blessé dans son amour propre et dans sa fierté, Mekongo Président sombre dans une grosse dépression.

Jusqu’à sa mort, Mekongo Président restera plongé dans une dépression récurrente. Il est abandonné à lui-même. Il fait face à un climat d’animosité : insultes, railleries, mépris de la part de jeunes artistes parvenus. C’est la rechute. Il décide d’aller se refugier dans son village où il erre dans les rues poussiéreuses comme un sans-abri ; abandonné de tous.

Mekongo Président est finalement décédé le samedi 11 octobre 2014, à Esse, dans la Mefou-et-Afamba, où il s’était retiré depuis plusieurs années. Pour ne pas faire de lui une victime, notons aussi qu’il n’était pas un saint et avait fait des choix de vie particuliers qui ont conduit à sa perte.

✓Jeannette Ndiaye

Jeannette Ndiaye est une Sénégalo-Camerounaise. Elle est sénégalaise de père et camerounaise de mère. Elle a embrassé la musique camerounaise de ses deux bras et s’est exercée avec brio sur la majorité des rythmes Camerounais. Elle débarque sur la scène musicale camerounaise de manière fracassante et éclatante au début des années 80. Elle remporte le prix spécial (concours découvertes) en 1981 avec le titre « Mut’a Mbamba » ; une chanson devenue culte qui traverse les générations.

Une étoile est née. Ses débuts sont prometteurs ; la jeune prodige est douée et on lui prédit déjà une brillante carrière musicale. En 1985, sa carrière va prendre une autre dimension propulsée par le duo Tim & Foty. Son album « Mbengue » paraît et est arrangé Maurice Foty. Cet album est une véritable tuerie. On lui doit plusieurs autres albums à succès.

Jeannette Ndiaye s’était établie en Italie où après une formation, elle travaillait dans le domaine de la maroquinerie. Elle va par la suite rentrer au Cameroun.

Jeannette Ndiaye va subir les affres des vicissitudes de la vie ; elle va sombrer dans une profonde dépression. Puis viendra la démence. On la voyait désormais errer dans les rues de Yaoundé, le regard hagard. Et depuis, plus de nouvelles d’elle.

✓ Annie Disco

Betti Betti et sa sœur Annie Disco incarnaient l’avenir de la musique camerounaise. Très belles, elles étaient habitées d’un charme qui ne laissait personne indifférent.

Dotées de voix puissantes et raffinées, c’étaient des femmes aux talents immenses. Quoiqu’originaire du Mbam et Inoubou, elles ont embrassé tous les rythmes du Cameroun. C’est ainsi qu’on pouvait les entendre chanter à la fois du Makossa et du Bikutsi.

Élevées dans un foyer polygamique, elles ont eu une enfance très difficile et ont trouvé refuge dans la musique. Alors qu’on leur prédisait un destin glorieux dans la musique, elles tombaient à chaque fois sur des producteurs véreux, obsédés par leurs formes callipyges.

C’était très difficile pour des femmes de mener une carrière musicale en ces temps-là. Entre les harcèlements, les producteurs véreux, un milieu phallocrate, le poids de la famille ; ce n’était pas du tout aisé pour la gente féminine.

Néanmoins, Annie Disco et sa sœur cadette Betti Betti se sont battues pour vivre leur rêve. C’était le Cameroun qu’on aimait. Ces Mbamoises chantaient en plusieurs langues et avaient adopté plusieurs rythmes.

Betti Betti nous a quittés précipitamment vers la fin des années 80. Annie Disco va rester et se battre pour la mémoire de sa sœur. Elle va sortir des albums mais va peu à peu être oubliée. Elle va mourir oubliée au début des années 2000.

La liste n’est pas exhaustive
Quelles sont vos chansons préférées des différentes icônes citées ?

Source: Arol KETCH – 08.10.2020

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