Parce que l’oubli est la ruse du diable, rendrons hommage à ces hommes de l’ombre qui ont contribué au rayonnement de la musique Camerounaise

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« Je fais partie des producteurs qui ont le plus travaillé pour que le Bikutsi devienne une musique internationale. Malheureusement, je n’ai reçu qu’ingratitude et le Bikutsi, je dois l’avouer, m’a appauvri » confiait-t-il quelques temps avant sa mort.

Cheville ouvrière de la production des artistes Bikutsi, Claude Tchemeni a largement contribué à l’éclosion de ce rythme et ne doit pas sombrer dans l’oubli. Vous devez tous reconnaitre ce nom et mettre un visage sur ce nom.

Je fais exprès de mentionner son origine ethnique pour relever le fait qu’il eut une époque au Cameroun où on faisait la musique par passion sans se focaliser sur les détails tribaux et tribalistes. Les registres n’étaient musicaux n’étaient exclusivement réservés aux originaires de certaines régions.

C’est ainsi qu’on vit Mekongo Président originaire du centre œuvrer dans le Makossa . C’est ainsi qu’on vit Esso Essomba œuvrer dans le Makossa aux côtés d’Ekambi Brillant ; c’est de la même manière que Nkotti François a contribué à booster la carrière d’Ange Ebogo Emerent artiste estampillé Bikutsi. De cette manière on vit un chanteur estampillé Bikutsi comme Bonny Mballa fait un mélange de Bikutsi et Makossa ; aussi, nous vîmes ce qu’on appelait à l’époque l’équipe nationale du Makossa œuvrer pour la réalisation des albums des artistes Bikutsi ; le duo Tim and Foty pourtant originaire de la région de l’Ouest chantait aussi en duala (on se rappelle des titres mythiques comme Longué, Sungane mba, Loba loba, Ndolam etc.), Bébé Manga originaire de la région anglophone chantait exclusivement en duala.

A l’instar Claude Tchemeni, plusieurs Bamilékés (originaires de l’ouest Cameroun) ont très tôt cru au Bikutsi ( Mystic Djim, Foty ).

Né le 26 juin 1956 à Douala, Claude Tchemeni fait ses études primaires à l’école publique de Deido. Il abandonne les études et s’initie au petit commerce, puis devient transitaire au port. Il devient employé dans un atelier de dépannage d’appareils qu’il quitte pour ouvrir son propre magasin. Vers la fin des années 70, le makossa commence à asseoir son hégémonie sur la scène musicale camerounaise.

Les kiosques de vente disques pullulent dans tous les coins de rue, diffusant à longueur de journées les tubes en vogue.

Le tout jeune Claude Tchemeni se rend compte que la musique est en train de devenir un secteur très porteur. Il devient entrepreneur culturel et organise des concerts notamment au Centre Culturel Français de Yaoundé entre autres. On se souvient encore du succès éclatant du concert de Mama Ohandja qu’il organisa au Centre culturel français. Il eut une telle affluence que la salle ne put contenir tout le monde au point où les fans avaient même arraché le portail d’entrée.

Sa rencontre avec Jean Marie Ahanda sera déterminante. En effet, c’est ce dernier qui lui suggère de se lancer dans la production. Claude souhaite pour ses premiers pas produire Anne Marie Nzié et Narcisse Kouokam, un humoriste prometteur mais Jean Marie Ahanda lui propose avec insistance à la place Les Vétérans; un groupe en vogue qui se produit à Escalier bar. Le nom du Label est trouvé; c’est Jean Marie Ahanda qui le propose : Ebobolo Fia ( bâton de manioc et avocat en langue Béti) pour illustrer la modestie des moyens du début. La première expérience de Claude Tchemeni dans la production musicale se solde par un succès fulgurant.

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. L’album Me ne Ngon Oyap des Vétérans sort en 1983 avec comme titre phare Kulu la tortue qui se hisse au sommet du hitparade national. A l’international, Kulu est classé 20ème au Hitparade sur La Voix de l’Amérique (VOA). L’album est consacré disque d’or au Cameroun. Clo Clo Tchemeni se rend alors compte que ses jours sont destinés à la production musicale.

Clo Clo Tchemeni va produire quatre autres albums des Vétérans : Wa Dug ma, Au village, Traditions et Emvumvut Mininga. Il a produit et mis en lumière plusieurs artistes de Bikutsi : Anne Marie Nzié, Messi Martin, Ange Ebogo Emérent, Meyong Ambroise, Ohandja Etranger, Mbarga Soukouss,Sala Bekono, Marc Nkodo, Noah Essimi Guy,Etémé Faustin, Manga Mbarga, Marco Star, Chantal Ayissi, Mana Zang, Owona Anderson et bien d’autres.

Celui qu’on appelait affectueusement « Clo Clo » s’est illustré sur plusieurs registres dans la production; il a même produit le célèbre humoriste camerounais Jean Miché Kankan et s’est fortement intéressé à l’humoriste Narcisse Kouokam. Âgé de 53 ans, Claude Tchemeni est mort en juillet 2009 à Yaoundé dans le dénuement. Il laisse une veuve et cinq enfants.

« Je fais partie des producteurs qui ont le plus travaillé pour que le bikutsi devienne une musique internationale. Malheureusement, je n’ai reçu qu’ingratitude et le bikutsi, je dois l’avouer, m’a appauvri », confiait-t-il quelques temps avant sa mort. En effet, à la tête du Label Ebobolofia, il a produit plus de 50 albums de bikutsi; sans gain réel.

A l’instar de Claude Tchemeni, beaucoup de Bamilékés ont très tôt cru au Bikutsi et ont accompagné ses premiers pas ; c’est le cas de Maurice Fotié Kembiwo alias Foty et Mystic Djim ( leur histoire relatée dans le livre Les icônes de la Musique Camerounaise)

Pour découvrir la vie, le parcours des hommes et femmes qui ont marqué l’Histoire de la musique Camerounaise, nous vous invitons à lire “ Les icônes de la Musique Camerounaise” d’Arol KETCHIEMEN.

Douala : 655513731

Yaoundé : 6 96 83 86 60

Contact pour l’avoir depuis la Diaspora

Mail : leseditionsdumuntu@gmail.com

Le livre est aussi disponible à la librairie des peuples noirs à Yaoundé, Montée SNI.

Le livre est aussi disponible sur Amazon : https://amzn.to/2rbatjg

Arol KETCH – 04.09.2020

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