Eitel Tobbo, le dernier des mohicans

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Aujourd’hui, je vais vous parler de l’enfance d’Eitel Tobbo.

Il est certainement la dernière icône encore en vie des prémices de la musique Camerounaise.
Eitel Tobbo est né le 11 mars 1935.

Il était l’un des meilleurs guitaristes camerounais dans les 50 et 60. C’est lui qui donné l’envie à Eboa Lotin de jouer de la guitare. Ses chansons ont été très souvent reprises et on oublie même qu’il est l’auteur compositeur de ces chansons-là. Tenez par exemple, le titre « Thérèse » chanté par Tchana Pierre, plus tard par Tchana Pierre et Tom Yom’s est en réalité une reprise du titre « Thérèse » d’Eitel Tobbo. Ses chansons sont aujourd’hui reprises par les jeunes de plusieurs pays (Angola, France, Cap-Vert etc.). Il est un excellent compositeur qui a écrit des chansons pour les plus grands.

Mais dans son propre pays, il demeure un illustre inconnu pour les camerounais d’un certain âge.

Voici l’histoire d’un jeune enfant qui n’avait rien pour réussir dans la vie, mais il va y arriver par la force du travail et l’abnégation.

Aîné d’une famille nombreuse, il perd tragiquement son père alors qu’il a 11 ans. Les biens laissés par son père son arrachés par les membres de la famille (oncles et tantes). N’ayant aucun soutien familial, le jeune enfant de 11 ans est obligé de se battre tout seul pour s’occuper de ses frères et sœurs. Il multiplie les petits boulots. En semaine, il vend les arachides avec du maïs qu’il grillait lui-même dans les rues de Douala. Le Week-end, il va à la pêche pour chercher du bon poisson pour sa famille ; après la pèche il travaille comme chargeur dans les paquebots sur les bords du Wouri.

Il lui arrive aussi d’aller en pirogue à Jebale et Bonendale pour chercher les œufs et les fruits pour vendre aux européens vivant à Douala. Il a fait tout ce qui était de son possible pour sortir sa famille de la situation catastrophique dans laquelle elle se trouvait. Il lui arrivait de passer des jours sans manger ; il s’est même nourri des tubercules de manioc crues pour pouvoir survivre. Mais malgré toutes ses occupations, il allait toujours à l’école. Il tenait à ses études.

En 1951, grâce à son oncle Jean-Jacques Ewondé, il est recommandé pour un poste de planton aux Ets R. Baudon. C’est grâce à cet oncle que le jeune Eiteil Tobbo commença à s’intéresser à la musique. Cet oncle, musicien avait ramené de France à son retour de la guerre, un Banjo. L’oncle jouait parfaitement du banjo, accompagné d’un ami à la guitare hawaïenne. Eitel Tobbo qui était chargé de faire du ménage dans la chambre de son oncle, profitait de l’absence de celui-ci pour apprendre à jouer du banjo tout seul.

A 17 ans, Eitel prend conscience que son poste de planton ne lui apportera pas un avenir meilleur et de quoi s’occuper de sa famille. Très malin et espiègle, il se fait embaucher au Crédit Lyonnais comme réceptionniste et téléphoniste. Il se montre très curieux et intelligent. Sur son bureau, se trouvait une vieille machine à écrire. Il la répare et commence à s’exercer dessus. Il sait désormais écrire sur une machine.

C’est le début de son ascension au sein de la banque. Il sera repéré par une française occupant le poste de mécanographe-comptable ; celle-ci le trouve très intelligent et se propose de le former en comptabilité. C’est grâce à elle qu’il va apprendre la comptabilité. Voilà comment un petit planton de 17 ans va devenir comptable en un laps de temps et commencer à bien gagner sa vie et s’occupe de sa famille.

Parallèlement à tout ça, il continue à faire de la musique avec un petit orchestre qu’il a monté avec des amis.

Dans un prochain épisode, on parlera de ses premiers pas dans la musique.

La suite au prochain épisode.

Quelle est votre chanson préférée d’Eitel Tobbo?

Soutenez-nous pour la création du premier musée de la musique Camerounaise :

www.facebook.com/cameroonmusicmuseum/

Arol KETCH – 25.06.2020

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